La situation économique d’Haïti dans un climat d’instabilité politique et de Corruption.

La situation économique d’Haïti dans un climat d’instabilité politique et de Corruption.

La Situation économique d’Haïti dans un climat d’instabilité politique et de Corruption.

Haïti patauge dans une crise d’instabilité politique qui traine dernière elle des impacts très négatifs pour l’économie haïtienne, surtout en ce qui a trait à sa croissance économique. Cette instabilité politique sévère, frappe les portes de nos différentes institutions en les rendant très faibles et très improductives via le grand fléau dévastateur connu sous le nom de la « Corruption » qui détruit les projets d’investissements publics, privés et les IDE. De nos jours, en Haïti la corruption devient une maladie presque sans remède immédiate. Ce fléau affaiblit considérablement le taux d’investissement, non seulement elle crée un climat d’incertitude et de non confiance, mais également elle détruit tout projet d’investissement parce qu’on n’arrive pas à atteindre des objectifs d’investissement sans une bonne gestion rationnelle et efficace des dépenses publiques. La corruption devient une pratique récurrente dans de nombreuses institutions.  Selon la Base de données en ligne de l’Université de Sherbrooke, l’indice de perception de la corruption en Haïti pour l’année 2010 était de 14.

Les conséquences économiques sont très élevées et très pesantes sur le coût de la vie. Ce phénomène affecte négativement sur l’investissement. Il induit une mauvaise allocation des ressources en déviant les investissements productifs au détriment des secteurs productifs. Ce qui provoquera la réduction de la capacité de l’investissement à générer de la valeur ajoutée. Et c’est l’une des causes majeures du chômage, car les fonds de l’Etat sont détournés vers les secteurs qui ne peuvent pas créer de l’emploi, et donc le pouvoir d’achat des individus se détériorent de plus en plus. La corruption détourne les ressources et entrave l’accès de la population aux services essentiels tels que : la santé et l’éducation. Elle ralentit les activités générant des taxes, des impôts pour l’élargissement de l’assiette fiscale de l’Etat par rapport à la pratique de la contrebande. 

De ce fait, l’Etat doit se responsabiliser face aux dérives institutionnelles, car les faibles rendements, la mauvaise gestion des institutions, la dilapidation et détournements de fonds de l’Etat répercutent sur la performance économique du pays et donc sa croissance.  Et si L’Etat mobilise tous ses moyens pour lutter contre la corruption, Haïti pourra monter son budget sans la grande aide internationale et elle peut avoir de bon budget.

Dans un article publié par l’économiste Leslie Péan dans le nouvelliste en dâte du 5 juillet 2018, il a mentionné : « l’Etat haïtien n’arrive pas à collecter environ 500 millions de dollars à cause de la contrebande, 190 millions dans le secteur de l’Energie et, entre autres, 100 millions en ce qui a trait aux télécommunications. Des chiffres qui représenteraient pour lui entre huit et 10% du Produit intérieur brut (PIB) du pays ».

Il y a aussi des problèmes de fiscalité qui sont aussi liés à la faiblesse des institutions et c’est pourquoi l’économiste Eddy Labossière de sa part a souligné : « Dans le budget 2017-2018, a-t-il fait savoir, l’État perd 14 milliards de gourdes du fait des exonérations fiscales accordées à des entreprises et des ONG. « La plupart des gens, selon lui, ne méritent pas l’exonération ». L’État perd aussi 300 millions de gourdes à cause des fraudes fiscales, de la méfiance qui règne entre les citoyens et l’État, le nombre d’exilés fiscaux fluctue. « Moins de 60 000 employés sur un potentiel de 500 000, n’ont pas procédé à la déclaration définitive d’impôts »

Texte : Etzer Hippolyte, Economiste

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