Haïti face à une panne d’hommes et de femmes,  cause fondamentale de son mal chronique

Haïti face à une panne d’hommes et de femmes, cause fondamentale de son mal chronique


Point n’est besoin d’avoir
été grand spécialiste, un simple regard observateur suffit pour comprendre que
Haïti souffre. Oui, Haïti souffre amèrement de problèmes divers, une liste
infinie de problèmes : problème éducationnel, problème politique, problème économique,
problèmes sociaux, problème…. Problème…
Que de problèmes à faire face ! On aurait pu dire que seuls problèmes ne
causent problème à Haïti. Car, quant aux problèmes, notre pays n’en manque
point !
Nous nous sentons interpellé par ces différents problèmes. C’est ce qui
m’incite à écrire ces lignes, juste pour placer quelques mots. Il est vrai que
nous ne sommes pas le premier à traiter de la question, tant de personnes, tant
de spécialistes en ont déjà dit beaucoup. Cependant, cela n’empêche que nous
partageons la question tout en émettant notre propre réflexion, ne serait- ce
que pour renforcer les déjà-dits et inviter chacun à prendre conscience de
toutes ces difficultés et à réfléchir sur la manière d’une sortie de problèmes.
Ainsi, en rédigeant cet article, nous n’avons nullement la prétention de
dresser une liste de problèmes, nous n’entendons pas non plus proposer des
formules magiques pour avoir les solutions efficaces. Ce que nous voulons faire
remarquer c’est que de tous les problèmes auxquels Haïti fait face, il y a un
problème plus fondamental que nous identifions et qu’il est une nécessité de
résoudre « problème d’Homme » conscient et capable de rechercher les solutions
efficaces pour sortir le pays de l’atrocité de ses souffrances. Et que s’il est
en effet indéniable que ce ne sont que les haïtiens eux-mêmes (et parfois en
complicité avec les étrangers) qui entrainent Haïti dans de telles situations
inextricables, il revient indubitablement inconditionnel aux Haïtiens de
trouver un exutoire à Haïti.
Il y a, bien évidemment, des domaines clés sur lesquels toute vraie action de
changement doit nécessairement intervenir. Et parmi ces domaines clés, nous
devons mentionner le domaine de l’éducation. Rappelons-nous, à ce propos,
Nelson Mandela avec sa fameuse citation : « L’éducation est l’arme la plus
puissante qu’on puisse utiliser pour changer un pays ». Pourtant à bien
considérer le domaine de l’éducation en Haïti, étant un des éléments
fondamentaux de développement, tout le monde admet que le système éducatif
constitue paradoxalement un véritable problème. D’abord, on remarque qu’il n’y
a pas une bonne gouvernance politique éducationnelle et les institutions
régulatrices de ce secteur sont très faibles. L’Etat haïtien ne dispose pas de
moyens suffisants pour contrôler la qualité de l’éducation qui se donne dans
les milieux scolaires à l’échelle nationale. Or l’éducation haïtien étant
l’affaire de l’Etat Haïtien, comme on le dit toujours, ne traduit pas une
réalité. Il suffit de jeter un simple coup d’œil sur le portefeuille budgétaire
pour voir quel pourcentage alloué au secteur Education.
Donc si, L’Etat central n’envisage pas les meilleures décisions en vue de
changer la situation, on tombera et on restera toujours dans cette situation où
l’égalité des chances ne peut pas tenir puisque L’Etat, à travers le Ministère
concerné, n’arrive pas à uniformiser la formation des apprenants au niveau du
pays.
Aussi, on retrouvera chaque institution scolaire fonctionne à sa guise,
préconisant ainsi une formation pêle-mêle, suivant leur propre philosophie.
Et que peut-on espérer devant une situation où chaque école fonctionne à leur
gré ? où le manque de compétences ou de qualifications de beaucoup de personnes
qui enseignent dans les salles de classes ? Où l’éducation que l’on donne ne
s’adapte pas à notre réalité, et où elle n’est pas orientée suivant le besoin
de la population ?
Ne s’agit-il pas d’un contraste, d’une aberration, en constatant que 90% des
écoles en Haïti sont gérées par le secteur privé (soit par des organisations
religieuses soit par des institutions à but non lucratif soit des organisations
non gouvernementales) ?
A quoi est-ce l’on peut s’attendre ensuite, quand certaines années ne sont pas
achevées correctement à cause des problèmes d’instabilités politiques, et des
troubles d’insécurité ? Le « pays Lock » à titre d’exemple, a posé beaucoup de
trous dans l’année scolaire 2018-2019. Les enfants, ne pouvant pas aller à
l’école, les programmes d’études sont « Rabâchés »
Un phénomène très inquiétant s’ajoute au lot, c’est le fait que l’école tend à
devenir un luxe pour les familles puisque les personnels administratifs
choisissent d’augmenter exagérément les frais scolaires pour une année. Ce qui
donne l’impression qu’il s’agit d’une université privée. Qu’est-ce que cela
veut insinuer pour les élèves dont leurs parents n’ont pas assez de moyens pour
payer ces frais de scolarité si élevées mise à part les dépenses de transport,
l’achat de manuels et de l’uniforme (obligatoire ? On n’a l’impression que les
milieux scolaires sont faits pour une catégorie privilégiée !
Par ailleurs, les statiques montrent que d’une manière générale l’échec
scolaire tend à être de plus en plus un handicap majeur pour le système
éducatif haïtien. Imaginez, environ 30 % des enfants qui fréquentent l’école
primaire (école fondamentale) ne rejoignent pas la troisième année. Le
pourcentage de réussite passe de 84 % en 1re Année fondamentale, à 50 % à
l’école primaire et atteint le quart au niveau des trois cycles de l’école
fondamentale (9e année fondamentale) .
Qu’est ce qui en revient ? n’est-ce pas, entre autres, le décrochage scolaire
avec chaque année, un nombre de plus en plus élevé de jeunes mal formées et un
nombre croissant abandonnant l’école de très tôt. Et que l’on sache que ce
phénomène n’est pas sans conséquence, car les enfants qui baladent dans les
rues s’adonneront plus tard à la délinquance juvénile, beaucoup se retrouveront
dans les ghettos lourdement armés juste pour gagner leur vie.
« Une jeunesse non et/ou mal éduquée est une entrave pour l’avenir d’une
société ». Chaque pays parle de l’éducation, mais l’essentiel c’est de savoir :
quel type d’éducation pour quel type de société ! Il nous faut vraiment une
éducation qui répond au besoin fondamental de la société, une éducation adaptée
à notre réalité de peuple, Une éducation qui forme en fonction du présent et
sur l’avenir. Une éducation sans discrimination, une éducation qui ne priorise
pas le privé sur le public, une éducation qui ne priorise pas une classe
sociale, une éducation qui ne priorise pas l’enfant de la ville sur l’enfant de
la province, etc. Une éducation qui stimule la fierté de notre origine, qui
prend en compte nos valeurs historiques, culturelles, sociales, humaines, etc.
Il faut changer le curriculum éducatif, c’est-à-dire de mieux aborder les
problèmes éducatifs, de dresser un plan bien structuré. Aussi, il faut que le
Ministère de l’éducation nationale, se dote des moyens, d’outils appropriés
pour contrôler la question de l’éducation en Haïti. A ce propos, l’enveloppe
qui est allouée à l’éducation dans le budget du pays comparativement aux autres
secteurs doit être repensée si l’éducation constitue le besoin le plus
fondamental de la société. A cette fin, L’Etat central doit s’engager pour
prendre des meilleures décisions en vue de changer la situation tout en
permettant à tous les jeunes de bénéficier le pain de l’éducation.
La situation politique du pays constitue-elle un problème ?
Un autre domaine qui fait problèmes au pays est celui de la politique. A chaque
équipe qui arrive à la tête du pays, on constate que le pays périclite de plus
en plus. Eh bien la réponse est bien simple, il ne s’agit que des
politicailleurs, à la tête, qui pensent non à travailler pour trouver les
solutions efficaces et durables aux problèmes du pays mais bien plutôt ils
pensent à avoir tous les trucs pour s’enrichir eux-mêmes au détriment du reste
du peuple.
Par ailleurs les institutions politiques se voient perdre leur prestige, la
présidence est banalisée avec des équipes qui s’empare du pouvoir. La réalité
politique du pays m’oblige à devenir néologiste. Je la décris par cette
expression péjorative, la « Bousanerie Politique » (les gens considèrent la
politique aujourd’hui comme une fille qui se donne totalement au plaisir
sexuel, et ouvre la possibilité à tout le monde. Donc, chacun se dit : Banm al
fè ti goute. Nèg la pa wè li kanpe sou anyen, li jis di bal al antre nan yon
pati politik epi yon bon maten li leve, ou wè foto li afiche kòm kandida. Ayiti
vin tankou yon bèf a 4 tete, chak moun ap bese pou fè yon ti souse(rale manmèl
».
En revanche, la population errant çà et là, cherchant dans des conditions
inhumaines à trouver son pain quotidien, laissant sa dignité tend à larguer sa
souveraineté déjà bafouée, tant de fois foulée aux pieds. Tout le monde est aux
abois. En effet, chaque fois qu’on rencontre ces équipes d’individus
dépersonnalisés, n’ayant aucun sens d’appartenance nationale, ne manifestant
aucune preuve de sentiment patriotique dans leur façon de conduire le pays, eh
bien, il va sans dire que la misère, la disette, la pauvreté…seront de plus en
plus difficile à juguler. Et tant qu’un éveil de conscience ne se fait pas chez
les acteurs concernés, tant que nous sommes restés indifférents par rapport à
ces différents problèmes éducationnels, économiques, sociaux etc. tant que nous
ne cherchons pas de tous les moyens à juguler tous ces problèmes qui s’augment
a rythme effréné, je vous le dis sans ménagement, la disparition du pays se
conjugue à un futur proche… [je ne veux pas que vous me qualifiez de pessimiste
ou de mauvais prophète puisque je ne fais que lire la réalité. Et, à ce que je
sache, le développement d’un pays se construit chaque jour par la recherche des
solutions à tous ses problèmes]
Au regard de notre situation tragique de peuple, il traduit une urgence
d’entreprendre des actions positives, adéquates et durables. Il faut trouver la
potion efficace et sans effets secondaires aux maux de notre pays. Mais alors,
à vouloir rechercher ces solutions, il se doit de résoudre d’abord un problème
fondamental, disons le problème des problèmes de notre pays : ce problème
d’Homme et de Femme. Je le redis bien., il faut résoudre ce problème d’homme du
pays. Puisque, à mon avis, il y a, permettez- moi l’expression « une panne
d’hommes et de femmes dotés de volonté et capables » d’agir en conséquence des
divers problèmes d’Haïti. Si nous devons attaquer le taureau par les cornes, je
crois que c’est sur ce problèmes si crucial qu’il faut agir.
En fait, Haïti a évidemment besoin des hommes, des femmes, des jeunes. Bref,
elle a besoin des enfants dotés du sentiment patriotique, animés d’un
redoutable volonté. Des hommes de cerveau, des hommes honnêtes, des hommes
capables, ne prônant que les valeurs du pays. Des hommes, des femmes, des
jeunes avec une nouvelle vision d’un véritable développement, des hommes, des
femmes et de jeunes qui priment les intérêts du pays.
Il n’est pas un besoin, il s’agit d’une nécessité de créer et de maintenir une
parfaite union et communion des filles et des fils d’Haïti afin que celle-ci
voit des jours meilleurs car, comme j’aime le dire toujours : « Chacun de nous,
haïtienne et haïtien, est un instrumentiste dans l’orchestre de développement
du Pays »
L’orchestre de développement dont nous parlons ici doit impliquer d’abord un
développement personnel haïtien, changement de mentalité de le Haïtien, un
changement de comportement et d’attitudes… A ce propos, nous devons retourner
la tête et faire un coup d’œil critique sur notre passé pour bien examiner.
Pour redécouvrir comment par l’union patriotique nous avions fait beaucoup
d’exploits mais aussi déceler tout ce qui constitue la cause de notre blocage
au développement afin que nous agissions en conséquence.
Ensuite doit venir de nouvelles façons faire fonctionner les différentes
institutions du pays en lien directe avec cette nouvelle vision de
réorientation ou de développement du pays. Par cela, j’insinue qu’on doit
revoir les politiques éducatives, l’Eglise doit être imprégnée de nouvelles
valeurs qui conduisent à un véritable changement spirituel et social, l’Etat
doit repenser ses politiques publiques de changement, par le renforcement et la
création des nouvelles valeurs qui tendent vers un nouveau pays.
Ainsi donc, par cela, nous redéfiniront notre histoire, notre fierté et notre
grandeur de peuple ! Hommes, Femmes, jeunes D’Haïti, l’heure vient de changer
nous-même, de travailler ensuite au changement de notre société ! L’heure vient
de travailler à retrouver notre place parmi les grands peuples de la planète
terre en tournant la page du sous-développement chronique et en abordant la
rédaction d’un nouveau chapitre !
Haïtiens, compatriotes, mes frères et sœurs, les dirigeants de ce pays, je
m’adresse à vous, laissons- nous conduire par la bonne volonté de changer nos
comportements, nos actions sociales, politiques, et nos décisions économiques.
Travaillons ensemble pour le bien bien-être de notre chère Haïti.

Etzer HIPPOLYTE
Etudiant finissant en Sciences Economiques a l’UNDH/FSESP
Tél : +509 34372877
Email : hippolyteetzer927@gmail.com/

etzerhippolyte@yahoo.fr

 

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5 thoughts on “Haïti face à une panne d’hommes et de femmes, cause fondamentale de son mal chronique

  1. Super Texte,en plus de ça les dirigeants ont un problème de conscience,et les jeunes ont un craintif,ils ont peur d’attaquer

  2. Merci Gilles, le problème de conscience est beaucoup plus grave par rapport aux décisions prises par les autorités. Nos dirigeants n’inspirent pas confiance à la population.

  3. Toutes mes félicitations collègue Etzer, tu as bien expliqué et détaillé deux problèmes qui entravent notre dite société, super reflexion, est ce qu’on peut pas se questionner pour se dire: notre façon de faire dans la politique n’aggrave t-elle pas la situation éducationnelle de notre dite société??? On se demande oú commencer si on veut changer les donnes!!! Bref, super texte très interessant, je t’incite à continuer sur cette lancée… bravo encore frère…

  4. Toutes mes félicitations pour ce beau travail.

    Un jeune engagé pour la reconstruction d’une nouvelle Haïti que nous rêvons toujours.

    Le pays a besoin de toi.
    Que tu continues à jouer ta partition.

    Que Dieu augmente davantage ton intelligence.

    1. Excellent, le problème d’homme est essentiel.
      J’espère qu’un jour on aura des hommes valables aux timons des affaires.
      Encore super texte Etzer.

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