20 septembre,naissance de Jean-Jacques Dessalines.

20 septembre,naissance de Jean-Jacques Dessalines.

« Nou fete lanmὁ Desalin, men nou pa fete lavi Desalin. Se li k’ ban nou endepandans… », dit le groupe RAM dans sa meringue carnavalesque de 2008. En Haïti, il est plus facile de faire éloge d’une personne en étant face à son cercueil ou son tombeau que de l’honorer comme cela se doit de son vivant. Cette culture se poursuit malheureusement dans la célébration de la vie de nos héros, fondateurs de la nation. Pourquoi la vie de Jean-Jacques Dessalines se fête le 17 octobre, le jour de son assassinat ? Pensant que la naissance est plus chère que le décès, essayons de revivre ses aventures en ce jour de sa naissance : 20 septembre.

Originaire d’Afrique de l’Ouest, Jean-Jacques Dessalines serait né vers 1758 en Guinée Conakry, cependant pour le situer dans les entrailles d’Haïti qui l’avait accueilli comme esclave, certains historiens prétendent qu’il a pris naissance sur l’habitation Vye Kay de la commune de Grande Rivère du Nord le 20 septembre 1758.   Il a travaillé dans les conditions extrêmement dures d’un Français blanc nommé Henry Duclos, jusqu’à ce qu’il ait été vendu à un esclave libéré qui l’a traité beaucoup mieux. En 1791, il a rejoint les rebelles nègres nourrissant l’idée de la révolution.

Agé de plus de 30 ans, Dessalines s’est échappé afin de retrouver la révolution esclavagiste lancée par Bookman après la cérémonie du Bois Caiman en 1791. Il est devenu automatiquement le compagnon de François Papillon et Georges Biassou dans les montagnes,eux qui formaient déjà quelques esclaves en fuite. Grâce à eux, dans la brousse, il a appris l’art du combat. Bien qu’analphabète, il était très intelligent, c’est pourquoi il est devenu rapidement l’un des plus grands soldats de Toussaint Louverture, celui qu’il a rencontré en se mettant aux côtés des Espagnols qui occupaient la partie occidentale de l’île contre les Français qui en occupaient l’autre partie. Il s’est donné à ce combat  sous la direction de ses mentors susmentionnés. Outre ces occupations, les compétences en combat de Jean Jacques Dessalines lui ont aussi permis de devenir lieutenant de Toussaint Louverture.

En effet, il s’est bien distingué comme étant le collaborateur de  Toussaint, le leader noir de l’époque. Quand Napoléon Bonaparte, par le biais d’une expédition, s’est débarrassé de Toussaint en 1802 afin de reconquérir la colonie, Dessalines  a pris la tête des noirs. Cependant, la déclaration de l’empereur Bonaparte de rétablir l’esclavage pourtant aboli par la Convention de 1794 l’a totalement outré .Il a définitivement pris du poils durant la guerre de l’indépendance qu’il proclamera sur la place d’Armes des Gonaïves le 1er janvier 1804. Pour se montrer grand et libre comme Bonaparte, il s’est d’abord autoproclamé gouverneur-général à vie, puis empereur sous le nom de Jacques 1er.

Commeent a-t-il dirigé le pays ?

Jean-Jacques Dessalines a continué après l’indépendance, la politique de Toussaint Louverture, notamment le recours au travail forcé dans les plantations, afin d’éviter un retour à une économie exclusivement de subsistance. Il a confisqué les terres des blancs, leur interdit tout droit de propriété parce qu’il les considérait comme des ennemis potentiels en cas de nouvelle invasion française. Il a lancé dans la foulé une campagne d’extermination et de discrimination à l’encontre de l’élite mulâtre. Pour s’assurer que tous les Français ont été tués, il a ordonné l’exécution sommaire de tous les Européens à l’exception des femmes, des enfants, des prêtres, des enseignants et des médecins. « Haïti doit être purifié de toute souillure française », a-t-il affirmé. Dessalines était l’un des chefs les plus féroces de l’histoire d’Haïti, il était extrêmement cruel . Beaucoup d’historiens l’ont étiqueté comme un monstre assoiffé de sang qui a enchanté les souffrances des Européens.

Il a été assassiné au Pont-Rouge, le 17 octobre 1806 alors qu’il tentait de réprimer une révolte menée par le mulâtre Alexandre Pétion suite à sa décision d’organiser une réforme agraire sur le territoire. Après sa mort, Pétion et le leader noir Henri Christophe se sont partagés Haïti, le premier a gouverné le Sud de l’île, le second le Nord.

Comme les écritures ont la capacité de faire revivre les événements, profitons de ce pouvoir des lettres, pour remémorer la bravoure de Dessalines, le père de la première nation noire du monde en 10 citations célèbres.

  1. « Effrayons tous ceux qui seraient tentés de ravir notre liberté. »
  2.  « Jurons de combattre jusqu’au dernier soupir pour l’indépendance de notre pays. »
  3. « Je ne veux garder avec moi que des braves. Que ceux qui veulent redevenir des esclaves français sortent du fort. Que ceux, au contraire, qui veulent mourir en hommes libres se rangent autour de moi. »
  4. « Je vous fais tous sauter si les français pénètrent dans ce fort. »
  5. « Après ce que je viens de faire dans le Sud, si les citoyens ne se soulèvent pas, c’est qu’ils ne sont pas des hommes. »
  6. « Les noirs dont les pères sont en Afrique, n’auront-ils rien ? »
  7. « Nous avons osé être libres, osons l’être par nous-mêmes et pour nous- mêmes. »
  8. « Que m’importe le jugement de la postérité, pourvu que je sauve mon pays. »
  9. « Prenez garde à vous, nègres et mulâtres, vous avez tous combattu contre les blancs; les biens que nous avons tous acquis en versant notre sang  appartiennent à nous ; j’entends qu’ils soient partagés avec équité »
  10. « Il n’y a qu’un seul noble, c’est moi ! »

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